en hommage à mon père

 Cette page a été créée, avec les quelques souvenirs qu'il me reste de mon père. Fier de son métier, il m'a fait partagé ses aventures durant ma jeunesse, même si je ne le voyais pas souvant. Je veux à travers ce site lui rendre hommage, avec toute la fierté que j'ai et que j'ai toujours eu pour lui.

Clin d'œil N'oubliez pas de visitez les autres rubriques du site,

pour cela allez dans le menu situé à droite de l'écran, vous y trouverez encore de nombreuses autres photos, ainsi que l'historique de la Société MORY, etc.

Bonne visite !

(S.V.P : Si vous possédez des photos d'agences déjà publiées ou non et si vous voulez bien me permettre de les ajouter à mon site, merci de me contacter en insérent un message dans la partie : Commentaire).

 

 

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- A TOI PAPA -

     Les routes de FRANCE n'avaient plus de secret pour lui, son camion était sa 2ème maison et la route son havre de liberté. Il connaissait les bons petits relais routiers dans lesquels il fallait s'arrêter, il avait ses points de chute (on peut l'avouer) mais était d'un sérieux irréprochable dans son travail, il aimait plaisanter et raconter des histoires drôles qu'il entendait à la radio... ce qui lui vallait d'être très apprécié par beaucoup de personnes pour sa bonne humeur, sa sympathie et sa simplicité.

 (voir suite ci-dessous)

 

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(...)

     Il préférait partir en déplacement plutôt que de rester "bricoler" dans la région, comme il disait, la paie était meilleure, certes mais c'était plutôt pour partir bourlinguer sur les routes de FRANCE et se sentir libre, il aimait la route, les copains... comme un TABARLY peut aimer la mer.

 

 Voici donc quelques annecdotes pour mémoire de tout une époque, qui vous permettrons de découvrir un peu ce qu'était la vie de mon père mais surtout la vie d'un Routier, qui je l'espère vous intéresseront.

 

-UN METIER PREDESTINE-

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 (Ci-dessus) Mon père à bord d'un GMC

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 - CLASSE 64 - 

  

Etant appelé en 1963 au 12ème Régiment du Génie de ROUEN à la caserne de Richepanse, il passa durant son service militaire son permis PL sans savoir qu'il en aurait besoin quelques années plus tard pour exercer le métier de toute une vie.

Il nous avez raconté qu'une fois sur le champ de tire, un bleu c'était retourné vers ses copains car son PM c'était enrayé heureusement que l'arme ne c'était pas débloqué à ce moment là, il aurait pu tuer tout ses copains, celui-ci quitta le champ de tire à grands coups de pieds dans le derrière pour aller direct au "niouf", je ne sais plus trop mais je crois même qu'il fut expulsé de la caserne.

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(Ci-dessus) à la caserne avec son copain avec une mitrailleuse cal. 12,7mm

A la caserne, après ses classes, il fut contonné à l'armurie, "la planque" comme il disait, ils s'étaient deux à être enfermé à l'intérieur (sécurité oblige) et ils pouvaient même en refuser l'accés aux gradés (ce qu'ils faisaient de temps en temps pour rigoler), il passé son temps à dessiner, écouter ADAMO "Vous permettez Monsieur" en boucle et écrivait des lettres à la machine à écrire, à ma mère. Pour embêter "la bleusaille", il y avait aussi des révisions surprises des fusils, en revenant de marche de nuit et nettoyage et renettoyage si...

Un jour, il passa une épreuve de démontage et remontage d'une arme, les yeux bandé, il était sorti 2ème derrière le fils d'un gradé...

A la fin de son service, on lui proposa de rester et de faire carrière car ils allaient ouvrir un magasin d'armement, il en serait le responsable... mais tout les copains s'en allaient et il avait d'autres projets : le mariage, bâtir sa maison etc

Il quitta donc l'armèe avec un certain regret malgrès tout, il nous l'a confié bien des fois, car il s'y sentait bien et il y avait trouvé vraiment plus qu'un esprit de camaraderie ; une seconde famille.

Il disait aussi qu'il avait certainement fait la connerie de sa vie mais il faut faire de choix...

Il exerca plusieurs métiers puis celui de routier se proposa à lui. Il sera employé chez MORY Transport et routier du 14 novembre 1966 au 31 mai 2004.

 

(Ci-dessous) Mon père dans la cour centrale de la caserne Richepanse, avec derrière lui le portail d'entrée.

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(Ci dessous) Vue aérienne de la caserne prise dans les annèes 80

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(Ci dessous) Arrière de la caserne prise dans les annèes 80

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(Ci-dessus et dessous) Mon père au volant d'un camion BROCKWAY (US)

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(Ci-dessous) Mon père et un copain devant un char US SHERMAN équipé d'une lame.   

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(Ci-dessus) Mon père sur un buldozer US Caterpillar Type D7N 

 

- DES MOMENTS INOUBLIABLES -

        Enfant, mon frère et moi restions chez nos grands parents en semaine ( j'avais 5 ou 6 ans et mon frère 11 ou 12ans) et le vendredi soir notre père passait nous prendre en camion pour nous emmener à la maison le week-end. J'attendais avec impatience l'arrivée de papa dans son énorme engin, je trépignais, je le guettais à la porte, de la j'aperçevais la route, qu'est-ce que la semaine avait été longue.    

        Quand il apparaissait enfin, une joie immense m'envahissait, ainsi qu'une grande fierté. Je le regardais se garer sur la place du village que je pouvais observer de la porte également, tout cela bien sur prenait un certain temps et l'exitation s'intensifiait de plus en plus.

        Cette fois il était là et passait le seuil de la porte d'entrée, alors je me précipitais pour l'embrasser,  sa barbe de 3 jours souvant piquait mais ce n'était pas grave... il était là. D'ou revenait il ? Il avait dû aller loin pour être parti si longtemps ? Je le voyais avec mes yeux d'enfant comme un aventurier, d'ailleurs je n'avais qu'une hâte, c'était de rentrer à la maison (du week-end) pour l'entendre racompter ses histoires de routier à ma mère pendant qu'elle lui servirait son repas.

        Mais avant celà, il fallait faire ce petit trajet en camion pour rentrer : un pur moment de bonheur aussi, à jamais gravé dans ma mémoire, car je me souviens qu'à cette époque je ne pouvais pas encore grimper seul dans la cabine, les marches pied étaient trop hauts encore, alors mon père me soulevait comme un fetu de paille pour me placer sur le siége passager. J'étais impressionné par la hauteur de l'engin, la longueur de son pare brise, de son tableau de bord, je me souviens même de l'odeur : celui du plastique neuf Je le regardais admiratif et lui en nous souriant mettait le contact, le camion tremblait un grand coup puis démarrait comme une horloge, il mettait la radio, poussait deux ou trois accélérations pour le faire rugir un peu et disait "en voiture Simone".

       

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- SA PETITE FAIBLESSE -

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        Comme tout bon routier avalant des kilomètres et des kilomètres, jour après jour et à longueur de temps, la radio était sa seule compagnie (puis il y eu la cibi) quand il entendit le disque "du petit garçon et le routier" sur RTL (station favorite des routiers et 1ère radio de FRANCE à l'époque) : il craqua, il nous en parla dés la première fois qu'il l'eu entendu, en nous avouant qu'il n'avait jamais entendu une si belle histoire et qu'en l'entendant, il avait pleuré, alors il l'acheta exprès pour nous le faire écouter... Et en effet, il pleurait en l'entendant et à chaque fois mais nous pas plus que ça...

 

 

 - UNE SACREE EXPERIENCE -

        J'ai eu la chance d'aller avec lui en camion 3 ou 4 fois, pour me faire plaisir, quand c'étais les vacances scolaires et bien sur, quand il savait que sa tournèe n'était pas trop longue, qu'il rentrait le soir même à la maison. Pourtant une fois il m'a emmené et j'ai dormis avec lui dans sa couchette, heureusement qu'à l'époque j'étais petit car on était serré comme des sardines, un lit d'une personne est encore plus grand. De plus, il faisait à la fois chaud et froid : d'un côté, la couverture duvet était étouffante et de l'autre, la paroi métalique du camion que j'étais obligé de toucher, était glacée. Le lendemain mon père me demanda si j'avais bien dormi, je lui avoua que... pas trop bien, mais lui me répondi simplement :"ca va", je savais en réalité que non, parce que d'habitude il ronflait comme une locomotive.

        Sinon avec lui, c'était départ de la maison 5h du matin, donc levè : 4h30, car il aimait partir de bonne heure sur la route, pour éviter les personnes qui partent au travail et avoir passé Paris aussi pour 8h, en ayant fait déjà un bon bout de chemin. C'était magique pour moi, il fait encore nuit, les feux étaient encore au clignotant (à l'époque), donc on traçait avec la musique dans la camion (RTL 1ère radio de FRANCE) et on arrivait à la "boutique" tout y était illuminé :  les quais, les bureaux, la pompe à gazoil et le camion de mon père avec tout ses feux de position tout autour : comme un arbre de noel, cela dans la silence et la fraicheur du petit matin, seul des éclats de voix résonnaient sur les quais, car les guars étaient déjà à pied d'oeuvre depuis bien longtemps pour charger toutes les remorques qui partent en matinée. Dans ces bâtiments encore déserts, je suivais mon père qui allait à droite, à gauche et moi j'avais l'impression de tourner en rond, comme dans un labyrinthe, il allait chercher sa feuille de route, allait vérifier son chargement, lancait un bonjour et une plaisanterie à la femme de ménage et aux guars qu'il croissait et moi encore mal réveillé, je n'y comprenais rien, c'était comme ci j'étais dans un autre monde. Puis on rémontait dans le camions et mon père disait quelquechose comme ça : "en voiture Simone, car on a de la route à faire, 5 clients secs... "

        Même si une journée entière sur la route aurait pu paraître longue pour un gamin de mon âge (une dizaine d'année à l'époque), j'aurais aimé partir avec mon pére en camion, bien sur je le lui réclamais souvant mais lui me disait que cela n'était pas possible : question de sécurité et d'interdiction vis à vis de son employeur.

                                                                                                        

- L'AVENTURE, C'EST L'AVENTURE (LA ROUTE) MAIS ELLE A SES LIMITES-

 

        Mon père n'ai pas sorti du pays durant sa carrière de routier, il est peut-être allé une fois en Allemagne et encore, je ne sais pas. Il racontait parfois : avoir traversé le Rhin en passant le frontière à pied, pour aller côté allemand avec des copains pour manger dans un resto, puis revenir. Peut-être en Belgique aussi mais pas plus.

        Un été, dans le début des annèes 80, son chef lui a annoncé qu'il y avait un transport a effectuer en Pologne et qu'il devrait très certainement y allé en rentrant des vacances. Cela l'a préoccupé, je me souviens, pourtant je n'avais que 6 ans mais je l'ai resenti, il en avait parlé, c'était l'époque de Lech WALESA, quand il y avait des révoltes du peuple, la famine, les files interminables devant les boulangeries et autres magasins alimentaires. Il disait que les chauffeurs récevaient des pierres dans les par-brises et se faisaient attaquer et pouvaient se faire voler leur marchandise, voir leur camion carrément. Il prenait tout les ans le mois d'août en entier pour être en vacances avec nous, c'était les seuls vacances que l'on passait ensemble et ce mois d'août là, il n'a pas du le passer tranquille, car en rentrant il devait être fixé sur ce transport.

        Finalement, c'est un collégue qui avait l'habitude de faire l'international qui a été désigné. Mon père a été bien soulagé et nous aussi. C'était à peu prés ses paroles : "La FRANCE, y a pas de problème, on peut m'envoyer n'importe où, j'y vais mais les autres pays, non, ça ne me dit rien !

 

 

 

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SUR LA ROUTE TOUTE LA SAINTE JOURNEE... PAR TOUT LES TEMPS

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- ROUTIER EST UN DUR METIER-

        Le métier de routier et la vie familliale ne font pas très bon ménages, il faut l'avouer, surtout pour les routiers de longues distances, qui "découchent" (comme on dit) ou qui "tracent la route", pendant plusieurs jours et parfois pendant une semaine (voir plus, pour ceux qui font l'Est).

        Ma mère se retrouvait souvent, très souvent dans une maison vide en semaine car nous (mon frère et moi), nous étions chez nos grands  parents, aussi enfin bref...

        On pourrait penser que c'était un choix mais non, certes, mon père aimait son métier, la route, les copains, la liberté... Comme il disait : "Moi le boulot, je suis pas au boulot, quand je prends le volant, je suis en vacances, d'ailleurs je suis en vacances toute l'annèe". En réalité, c'était pour rire, je le sais maintenant, car avec les délais de livraisons à respecter, les problèmes sur la route : de circulation ou autres, les conditions de vie dans un camion : pas de chauffage, pas de clim, la solitude, etc et cela par tout les temps et tout les jours, Il ne devait pas chômer et rigoler tout les jours. Je me souviens, une fois, l'avoir vu rentrer par un vendredi soir, exténué et énervé : il disait avoir été obligé de débacher et rebacher 2 fois sa remorque dans la même journée (à l'époque il fallait la rouler à la force des bras sur toute sa longueur et la tendre).

        Enfin, en partant plusieurs jours la paie étaient meilleurs et cela aidé surtout à rembourser le prêt de la maison, pour que l'on est un toit bien à nous et il voulait que l'on ne manque de rien, cela n'était donc pas vraiment un choix mais plutôt un sacrifice, malgré ce qu'il laissait entendre.

        Dire que parfois nous lui en voulions de ne pas être aussi présent que nous l'aurions souhaité et le dialogue n'était pas notre fort, cela n'arrangait rien.

        Que reste t-il de ce sacrifice humain, ces vies de labeur de mes parents ? Presque rien... Ils sont décédés tout les deux trop jeunes pour pouvoir profiter un peu de leur retraite (mon père dans les conditions déjà évoquées, ma mère a eu un infarctus à 62 ans). Cette maison pour laquelle ils ont tant oeuvré pour l'avoir, s'en est allée aussi, elle a été vendue car aucun de nous deux ne pouvaient la reprendre, quand je repense à cela, cela me déprime.

        Certains diront que ce n'était que des murs mais pour moi c'était nos murs, mes parents et grands parents avaient creusé les fondations et fait batir, c'était toute la vie de mes parents... Il ne reste plus que les photos et les souvenirs enfouis au plus profond de moi et ça, heureusement, personne ne peut me les prendre.

 

(Ci-dessous) Exemple de ce qu'était un disque tachigraphe dit "mouchard" :

destinè à enregistrer le temps de travail du chauffeur, la vitesse du camion et les temps de coupures,

à tout moment contrôlable par les autoritès.

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 - LE "PORTEFEUILLE" -

        Parmis les accidents que les routiers craignent il y a le "portefeuille" lorsque par un problème de chaussèe, de chargement, de frein etc... survient, le camion part sur le côté, se plaque contre la remorque et que la remorque entrainée par le poid et la vitesse, continue sa course... cela peut faire mal, très mal. Mon père bien sur craignait ce type d'accident, il m'avait confié qu'un jour il l'avait vu se produire devant lui en roulant.

(exemple de "portefeuille" en photo)

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                    Un jour en regardant les infos à la TV, ils avaient passé un accident  "portefeuille" de camion sur une autoroute, filmé par un particulier par hazard, j'avais été choqué par sa violence. C'est là, à ce moment que j'avais réalisé que quelquechose de grâve pouvait arrivé à mon père sur la route, je me souviens qu'avant la fin de ce week-end, avant de m'endormir, j'avais prié Dieu (bien que n'étant pas croyant mais tellement marqué par ces images) pour qu'il n'arrive jamais rien à mon père.

          Comme tout ses collégues, il craignait " L'ACCIDENT " mais ne le disait jamais et ne vivait pas avec constamment (heureusement), mais certains drames qu'avaient connus ses collégues et amis, l'avaient fortement marqué. Je me souviens qu'il avait parlé à ma mère un soir en rentrant, qu'un de ses amis de quai avait été écrasé entre le quai et un camion dans sa manoeuvre et aussi d'un accident de véhicules sur la route : il s'était arrété pour porter secours avec d'autres personnes mais que le passagé dans la voiture était déjà décédé, la vision de cette scène macabre lui resta en mémoire comme au premier jour.

 

 

- FETICHISME OU PAS? -

                   Dans sa cabine de camion, sur son tableau de bord, il y avait toujours des petites photos matons de nous trois (ma mère, mon frère et moi) mais aussi un Saint Christophe : protecteur des voyageurs. Bien qu'il n'était pas un croyant pur et dur... Je crois que celà lui à porté chance, tout de même, car à ma connaissance, je ne lui connais pas avoir eu de grâves accidents durant sa carrière, ses différents camions aussi ont tenu bon.

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- T'EN AURAS JAMAIS UN COMME CA  - 

En regardant la télé ensemble le week-end : quand on voyait un beau camion amèricain, on aimait narguer mon père , en lui disant : " Hen ! la,la, le beau camion...non, non, t'en auras jamais un comme ça, c'est pas la peine de rêver",

ma mère aussi reprenait à son tour, lui, essayait de garder son sérieux mais il finissait par pouffer de rire en répondant : "Bon, c'est bon !... C'est vrai, j'en aurai jamais un comme ça !"

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- UN SACRE PAPA -

 

 En 1991, j'ai voulu me lancer dans l'animation de mariages, d'anniversaires, etc en sono mobile. Passionné de chansons et matériel sono, je m'étais acheté un peu de matos et ma première affaire tomba, un peu plus vite que je ne l'aurais imaginé, car j'étais en train de passer mon permis de conduire mais je ne l'avais pas encore, c'était un réel problème pour moi et refuser une si belle occasion de me lancer aurait été terrible pour moi, tout reposait sur la décision que mon père allait prendre et il accepta de m'épauler. Tout se passa à merveille durant cette première animation, malgrès une trouille bleue de débutant, mon père a dut être convaincu de ma réussite et que j'avais un certain talant, parce qu'il m'a accompagné pendant 3/4 ans comme ça, cela en plus de son travail de la semaine, à raison de 4/5 animations par an mais du samedi après midi, jusqu'au petit matin le dimanche, alors qu'à cette époque il avait 47ans déjà (il fallait le faire tout de même).

Quand  cela est devenu un peu trop dur pour lui, il ne concevait pas que quelqu'un d'autre le remplace : "S'il y a quelqu'un qui doit venir te donner un coup de main, ce sera moi et personne d'autre" pour lui l'association devait absolument rester familiale, j'étais face à un réel dilemme, j'avais besoin de quelqu'un à tout prix, pour déplacer tout le matériel, seul, cela n'aurait pas été possible (rien que la case double platines + la table de mixage, que l'on appelait le cercueil faisait 1m 10 de long, pour environ 30kg). C'est donc mon frère qui se dévoua pour me donner un coup de main, bien que lui aussi était routier en banlieue parisienne. Le problème était donc résolu et je pu continuer ma passion.

Quel mérite. Je peu lui dire un grand merci, pour m'avoir permis de concrétiser un de mes rêves.

Le plus beau cadeau qu'il a pu me donner en échange, c'est la fierté qu'il avait de moi lorsque je faisait des animations, il voyait que ça marchait et que je m'éclatais et pour moi sa fierté était mon moteur. Une fois, j'étais fièvreux mais j'ai assuré la sono tout de même, jusqu'au bout, une autre, j'avais fais une allergie alimentaire juste avant de partir, sur place j'avais encore des boutons et des sueurs froides mais pas grave... Et même le week-end qui suivi le décés de mon père, j'avais une animation de mariage à faire et je l'ai faite, j'ai suivi ce qu'il m'avait apprit : "un engagement est un engagement, tu as donné ta parole, les gens comptent sur toi, tu dois tenir ta parole et assurer en toute circonstance".

 

Je remercie bien évidemment mon frère, ainsi que ma femme qui m'ont permis de continuer pendant plusieurs annèes à exercer ma passion, ma mère également qui m'a soutenue et aussi trois grands amis (Jean Marcel D., Francois L. et Jean Claude L.) qui m'ont appris et bien aidé à être DJ.

 

Dj 

 

 

- UN SENTIMENT D'ETRE LES MAL AIMES DE LA ROUTE-

 

En 1992, lors de la grande gréve des routiers pour la revalorisation des retraites et la prise en compte de la pénibilité et des risques, qui avait bloqué la FRANCE pendant quelques semaines.

 

La pénurie en cardurant et en alimentation dans les commerces, a fait que, la décision de déloger les routiers des grands axes par les grands moyens a été prise. Un beau matin vers 6h, un char AMX 30 entre en action, le camion de tête est trainé sur le bitume.

 

Mon père était dégouté, je m'en souvient.

 

Il disait à l"époque : " On essaye de défendre notre gagne pain et voilà comment on nous traite, quand il y a des accidents, c'est toujours de la faute des routiers...On est vraiment les mal aimés de la route, pourtant on est indispensable ; comment arriveraient les marchandises dans les hypermarchès, les autres magasins, ou les entreprises, sinon ?."

 

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- DROLE DE HAZARD -

A l'entrèe du village où nous habitions, il y a une remorque MORY (des annèes 70), dans la cour d'une ferme, visible de la route principale, elle s'y trouve toujours actuellement. Elle est pour moi, posèe là, comme un monument : c'est un symbole, je l'ai toujours connu et elle résiste au temps.

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(Ci-dessous)

Bloquè sur l'autoroute pendant la grande grève des routiers de 1996 pour la remise en question des retraites

" Je suis bien tombé, la cabine du tracteur est tombé pile poil sous le pont et les collègues autour de moi avaient des frigos avec des boissons fraiches dans leur camion, parce que moi, j'avais rien dans mon tracteur...j'étais mal barré"

Avait-il raconté à l'époque...

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Sous le pont, le camion de mon père, on peut apercevoir un bout de la remorque MORY

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A l'arrière dans la colonne de camions un autre TRANSPORT MORY

(Entre le camion blanc et le panneau, au milieu de la photo)

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Retrouvaille sur le parking de la ZAC de NANTERRE en 1996

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On discute, on plaisante un peu avec des amis pendant la coupure du midi...

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Et c'est déjà reparti... la route, les kilomètres ne se feront pas tout seul.

Oct

 

- LE TEMPS LUI ETAIT COMPTE -

Dans le courant de l'année 1996, mon père est contraint de cesser son activité, à cause de la maladie.

Il est ici sur la plage de Quend, avec bien sur son blouson MORY, il aimait se reposer à son mobilhome et passer du bon temps avec ses amis et sa famille. Sans le savoir, c'est la dernière photo prise de lui prêt de la plage, car peu de temps après son état ne lui permettra plus, il ne pourra plus voir la mer, ses amis et bientôt sa famille non plus. 8 ans de lutte contre la maladie qui revenait à l'attaque ça et là de son corps sans lui laisser presque de répit, une lutte acharnée pour rester le plus de temps possible avec les siens mais épuisé par le combat et les traitements, la maladie l'emporta, c'était innévitable mais bien sur trop tôt pour nous qui le voyions si fort, invincible car jamais il n'y eu une plainte de sa part, jamais un râle d'injustice : "Pourquoi moi" (par exemple), rien ! Et pourtant le combat était innégal.

Nous ne savions pas que son temps était compté, pas à son age (60 ans), pas notre père...

C'est moi qui serait tenté de dire : c'est pas juste, avoir travaillé toute sa vie pour finir ainsi...

Il avait bien le temps mais non cette p.t..n de destinée en a décidé autrement.

 

Pendant ces 8 ans il resta le même : humain ; le coeur sur la main, plaisantant à la moindre occasion et la tête haute et vive.

Tant d'autres ont souffert aussi mais de lui je ne peux qu'être fier car c'était mon père.

Repose en paix, on t'aime.

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A SUIVRES...

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Commentaires (9)

BEAUVAIS DANIEL
  • 1. BEAUVAIS DANIEL | 02/08/2016
Bonjour, bien voilà une vie bien remplie, j'ai fait mon service militaire dans la même caserne en 1972, la caserne Richepance mais le 12ème RG a été remplacé à l'époque par le 71ème RG qui disparaitra à son tour quelques années plus tard en étant transféré dans la Forêt d'Oissel, la caserne neuve sert aujourd'hui d'école à la police national. J'ai connu encore en 72 les GMC sur lequel j'ai moi aussi passé mon PL, les chars Patton, les Camions Diamond qui transportaient les ponts en bois Bailey, les Gillois pont flottant sur roues. La vie de ton père a été mon quotidien aussi pendant près de 23 ans chez Bourgey Montreuil Normandie et sans parler des autres entreprises que j'ai fait, ce que tu décris de tes moments de "gamins" je les ai vécu avec mon père et j'en ai fait profiter par la suite mon fils en l'emmenant avec moi un peu partout en Europe, à l'époque on pouvait encore prendre quelqu'un dans la cabine, il en a lui aussi de bons souvenirs. Malheureusement la vie est parfois très dure et cette saloperie de maladie a embarqué un paquet des mes copains aussi dans la force de l'âge. Comme on dit pour se consoler "c'est la vie"!! Bonne continuation
Jean sy
  • 2. Jean sy | 26/05/2016
Bonjour
J'ai 64 ans et je roule toujours. Je comprends ton amour pour ton père et sont merveilleux travail car on doit aimer ça pour le faire. Bien sûr il a changé et je ne vais plus de Pologne au Portugal ou en Suède mais je l'aime toujours car il représente ma vie. On nous apellait les galériens de la route et c'était un peu vrai mais qu'est-ce qu'on l'aimait ce boulot de fou.
Bonne journée mon ami
Marc
  • 3. Marc | 27/03/2016
Bonjour ! Quelle magnifique histoire ! Cela m'a ému considérablement, c'est raconté avec un respect et un sens de la vie extraordinaire. Bravo pour votre démarche, avoir osé cela, dire votre amour de votre pêre ainsi, en faisant partager à tant de personnes cette histoire de son métier et de la société MORY, c'est vraiment considérable, j'ai beaucoup appris et cela a avivé des souvenirs enfouis que j'avais aussi. Les souvenirs, on ne peut pas nous les enlever et je réalise avec votre exemple qu'il faut absolument les faire partager pour les rendre éternels. C'est ce que vous avez fait. Un grand merci pour ce moment de vie ! Très Sincérement Marc
Georges Henquinet
  • 4. Georges Henquinet | 23/07/2015
Bonjour,
Quelle belle histoire racontée avec énormement de respect , j'ai 63 ans retraité , fils de routier mon Père en a fait son métier de 1943 a 1978 en Belgique en suite sur l'inter pour finir sa carrière sur une ligne régulière Bruxelles-Paris en service de presse , mes 2 frères routiers eux aussi.
J'ai très bien connu les Transports MORY / La Courneuve pour avoir régulièrement fait des retours de groupage vers la Belgique , qui sait j'ai peut etre croisé ton Père sur un quai...
La fin tragique de ton Père 60 ans , comme pour le mien est beaucoup trop jeune , je te comprend bien et ému de lire ton histoire qui est le reflet de la mienne .
Je viens de faire comme toi , lui rendre un hommage dans la revue française " des Hommes et des Camions " de Francis Cany , les numéros 14 et 15 . Bientot la mienne passera dans cette revue .
Ton site est magnifique ....Félicitations...
Je t'envoie mes amitiées et respect pour ton PAPA.
Bon vent enfin Bonne Route à toi.....
Patry martine Le Mans
  • 5. Patry martine Le Mans | 09/04/2015
Bonjour et Bravo pour ce site!
Fille d'un chauffeur qui a commencé chez G HELMINGER à Le Mans et terminé sa carrière chez MORY TNTE.
Moi-même , j'y ai travaillé pendant mes études dès mes 18 ans au service expéditions, mon petit frère également sur les quais en saisonnier!
Une grande page se ferme .. avec grande tristesse!! Comme si nous perdions une grande famille car je me souviens aussi de toutes ces sorties et évènements que nous faisions avec tout le personnel MORY TNTE!
Quel dommage!
Nous en sommes tous très affectés!
Jean-Paul CORDIER
  • 6. Jean-Paul CORDIER | 04/10/2014
Bravo pour cet excellent travail sur l'histoire de cette grande maison que fut MORY et dans laquelle j'y ai passé 42 ans. Très bons souvenirs d'Amiens de 1967à 1970 au Sce. Affrètement avec B. Therry, D. Ferré, Ph.Gelliot et notre "Chef" B. Totet également adjoint de direction de J. Simon.
Toutes mes amitiés aux Encore bravo à vous.
Bien cordialement
coulange xavier
  • 7. coulange xavier | 11/01/2014
désolé je m'y reprend à deux fois pour faire ce message.
Je suis donc tombé sur votre site par hasard, mais quel bonheur de se replonger dans de tels souvenirs. J'ai 47 ans et je suis passionné par les camions anciens et l'histoire du transport routier. Je suis originaire de LAVAL (53). Dans ma région MORY étaient représenté par HELMINGER (LAVAL et LE MANS par exemple) et par NORD BRETAGNE (NANTES, RENNES, ST BRIEUC). C'était les mêmes couleurs que MORY (vert foncé et jaune) et ensuite les couleurs de MORY TNTE. Que de souvenirs. Par contre quasiment pas de photos de mon coté (de mémoire deux photos de camions HELMINGER LAVAL, mais le plus dur sera de les retrouver).
Sinon, j'ai aussi une passion pour les miniatures. A ce propos, dans vos anciens collègues, si il y a quelqu'un du garage qui se rappellerait des références des couleurs vert foncé et du jaune (les années 60) ça serait top. Pour reproduire une miniature avec les bonnes couleurs c'est toujours plus pratique et plus réel.
Je vois aussi sur certaines photos de l'agence d'AMIENS des camions MORY plus ancien qui sont tout en vert avec le marquage MORY SA et le logo 'monde avec flèche' soit écrit en blanc ou en jaune ? Je ne vois pas très bien. Est ce que c'était les couleurs MORY de l'origine, avant de passer en vert et jaune ?
D'avance merci pour vos informations.
Merci aussi pour votre site et bonne continuation.
Cordialement
XAVIER
gchr
Avez vous ma réponse ? En êtes vous satisfait? Merci de penser à moi si vous retrouvez quelques photos Cordialement
gchr
Bonjour, désolé de vous répondre seulement maintenant mais je ne connais pas encore tout sur le fonctionnement du site et je n'avais pas vu votre message. Je suis contact avec le chef du garage de MORY d'AMIENS rue de Sully, un bonne ami de mon père qui m'a beaucoup aidé pour réaliser se site, pour les couleurs des camions les plus anciens : le vert était le vert bouteille et MORY SA était en jaune foncé, le logo (le monde avec une flèche) était en jaune foncé également. Je suis intéressé par vos photos aussi, si vous les retrouvées bien sur, car non seulement j'essaie de retrouver des photos sur MORY AMIENS pour alimenter mon site mais je cherche aussi des photos sur les autres agences, j'en ai quelques unes avec des véhicules HELMINGER et une photo aérienne avec HELMINGER écrit sur les toits des bâtiments, je vais peut-être créer une autre rubrique "photos d'autres agences" j'y pense depuis déjà un certain moment. Autrement, j'ai encore d'autres personnes à contacter qui j'espère auront quelques photos à me fournir. Merci pour vos encouragements et j'espère avoir répondu à vos question. Je reste dispo pour tout échanges, discutions ou questions voir suggestions. Cordialement PASCAL

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